Liste complète des fruits commençant par S
La lettre S nous offre une sélection riche et variée, avec pas moins de 7 fruits à découvrir. On y croise l’avocat d’Afrique, un fruit recouvert d’écailles de serpent, l’ancêtre du chewing-gum et un petit agrume japonais encore quasi inconnu chez nous. Allons-y !
Tableau récapitulatif des fruits en S
| Fruit | Origine | Saison |
|---|---|---|
| Sureau noir | Europe, Asie occidentale | Juillet à septembre |
| Sorbe (corme) | Europe méditerranéenne | Octobre à novembre |
| Safou (prune africaine) | Afrique centrale | Juin à octobre (rare en France) |
| Salak (fruit serpent) | Indonésie, Malaisie | Toute l’année (rare en France) |
| Sapotille | Amérique centrale, Caraïbes | Rare en France |
| Santol (faux mangoustan) | Asie du Sud-Est | Rare en France |
| Sudachi | Japon | Toute l’année (jus, restauration) |
Sureau noir (baies de sureau)

Contrairement aux fruits exotiques de cette liste, le sureau noir est bien de chez nous. Cet arbuste européen (Sambucus nigra) produit de petites baies noires brillantes, regroupées en grappes denses, qui arrivent à maturité entre juillet et septembre. Mais attention : les baies de sureau ne se mangent jamais crues. Elles contiennent des composés (glycosides cyanogéniques) qui peuvent provoquer nausées et troubles digestifs. Une fois cuites, elles deviennent parfaitement sûres et délicieuses.
Son goût cru est très acidulé et amer, mais la cuisson révèle des saveurs sucrées, aromatiques et légèrement résineuses. Le sureau est un classique de la cuisine de terroir : on en fait des sirops, des confitures, des gelées, du vin de sureau et des tisanes. Les fleurs de sureau, récoltées plus tôt en saison, servent à préparer le fameux sirop de fleur de sureau, un ingrédient très tendance dans les cocktails.
Le saviez-vous ? 💡
En médecine traditionnelle européenne, les baies de sureau sont utilisées depuis des siècles pour renforcer les défenses immunitaires. Les compléments alimentaires à base de sureau noir ont connu un boom de popularité ces dernières années. Le sureau est aussi très riche en anthocyanes, des pigments antioxydants responsables de sa couleur noire intense.
Côté nutrition, les baies cuites apportent environ 60 à 70 kcal pour 100 g, avec une excellente teneur en vitamine C, anthocyanes, vitamine A, potassium et fer.
En France, les baies sont faciles à cueillir dans la nature (haies, bords de chemins), mais il faut bien identifier l’espèce pour ne pas la confondre avec le sureau hièble, qui est toxique.
Sorbe (corme)

On termine avec un fruit oublié du patrimoine fruitier français. La sorbe (ou corme) est un petit fruit rond de 1 à 2 cm, rouge-pourpre, qui pousse en grappes sur le sorbier domestique (Sorbus domestica). Cueilli directement sur l’arbre, il est immangeable : sa chair est extrêmement astringente, âpre, comme si on mordait dans du coton sec.
Tout le secret de la sorbe réside dans le blettissement. On laisse les fruits mûrir quelques semaines après la récolte (à la cave, sur de la paille ou dans une caisse en bois), jusqu’à ce que la chair devienne molle, brune et fondante. L’astringence disparaît alors complètement, remplacée par une saveur très sucrée et complexe, avec des notes de compote de pomme, de miel et de fruits confits.
Le saviez-vous ? 💡
- Le blettissement était autrefois un savoir-faire courant dans le sud de la France et en Italie. On retrouve la sorbe dans la fabrication de confitures, de sirops, de vins de cormes et de liqueurs artisanales.
- Le bois du sorbier, très dur et résistant, était utilisé par les menuisiers et les tourneurs. Aujourd’hui, le sorbier domestique est en voie de raréfaction, mais il fait l’objet de programmes de conservation dans des vergers conservatoires.
Côté nutrition, la sorbe apporte environ 60 à 80 kcal pour 100 g (une fois blette), avec des sucres, des fibres, de la vitamine C, du potassium et des antioxydants.
En France, on peut encore en trouver en automne dans certains marchés du sud et vergers traditionnels.
Safou (prune africaine)

Le safou est un fruit allongé de 3 à 5 cm, originaire du bassin du Congo. Sa peau lisse passe du rose vif au violet, puis au bleu marine à maturité. On l’appelle « prune » au Cameroun, « atanga » au Gabon, et son nom en kikongo est n’safu. Mais attention : il n’a rien à voir avec nos pruniers européens.
Le safou a une teneur exceptionnelle en lipides (environ 22 à 26 % de matière grasse). Sa chair verte-jaune, crémeuse et fondante, rappelle davantage l’avocat qu’un fruit classique. Son goût est légèrement acidulé avec des notes épicées, et un arrière-goût doux qui évoque l’artichaut.
On le consomme rarement cru : en Afrique centrale, il se mange grillé sur la braise, bouilli dans l’eau ou frit à la poêle, le plus souvent avec du manioc, du plantain ou du maïs. Au Cameroun, la « sauce aux prunes » est un plat populaire dans lequel les safous sont cuisinés avec tomates, oignons et piments.
Le saviez-vous ? 💡
La ville de Yapaki (arrondissement de Dibombari, au Cameroun) organise depuis 2021 un festival entièrement consacré au safou. Au Cameroun, la filière du safou représente plus de 20 000 emplois et contribue à hauteur de plusieurs millions de dollars au PIB. L’huile extraite de la pulpe, riche en oméga-3, oméga-6 et oméga-9, intéresse de plus en plus les professionnels de la cosmétique et de l’alimentaire.
Côté nutrition, le safou apporte environ 200 à 234 kcal pour 100 g, ce qui est élevé pour un fruit. Il est riche en acides gras insaturés, en cuivre (93 % des AJR pour 100 g), en magnésium, en potassium et en vitamine C. En France, on peut en trouver ponctuellement en surgelé dans les épiceries afro-caribéennes.
Salak (fruit serpent)

Voilà un fruit dont le look ne laisse personne indifférent. Le salak est une drupe ovale de 5 à 8 cm, recouverte d’écailles brunes dures et brillantes qui ressemblent à s’y méprendre à une peau de serpent. D’ailleurs, « salak » signifie « serpent » en javanais et en soundanais. Sous cette carapace peu engageante se cache une chair blanc nacré, divisée en lobes, autour d’un noyau de la taille d’une noisette.
Le fruit pousse en grappes à la base d’un petit palmier épineux, principalement cultivé à Java, Sumatra et Bali. Son goût est sucré et légèrement acidulé, avec des notes de fraise, de pomme et d’ananas selon les variétés. La texture est ferme et croquante, comparable à une pomme Granny Smith. Il existe plus de 30 variétés en Indonésie. Le salak Pondoh (de Yogyakarta) est réputé pour sa douceur équilibrée, tandis que le salak thaïlandais est plus juteux et citronné, presque comme un litchi.
Le saviez-vous ? 💡
En Indonésie, les agriculteurs cultivent le salak sans pesticides, selon des pratiques traditionnelles. Le fruit est considéré comme un produit biologique par défaut. On en fait aussi du thé (à partir de la peau) et même du café (à partir des graines torréfiées). Et si vous souffrez de troubles digestifs en voyage, les Indonésiens recommandent le salak pour ses propriétés anti-diarrhéiques (mais gare à la constipation si vous en abusez).
Côté nutrition, le salak apporte environ 85 à 90 kcal pour 100 g, avec une bonne teneur en vitamine C, fer, fibres, tanins et polyphénols.
En France, on peut en trouver dans certaines épiceries exotiques ou via des sites spécialisés en fruits tropicaux.
Sapotille

La sapotille est une grosse baie ovale de 5 à 10 cm, à la peau brun-cuir veloutée. Sa chair jaune-orangé est l’une des plus sucrées de tout le règne fruitier : on la compare souvent à du caramel, de la poire confite ou de la banane mûre. Sa texture est crémeuse, fondante, légèrement granuleuse (un peu comme une poire blette). À l’intérieur, quelques graines noires brillantes, dures et luisantes comme des haricots, sont à retirer car elles possèdent un petit crochet qui peut accrocher la gorge.
Originaire d’Amérique centrale et des Caraïbes, la sapotille est le fruit du sapotillier (Manilkara zapota), un arbre qui peut atteindre 30 mètres de haut. On la consomme crue à la cuillère (comme un avocat), en purée, en compote, en glace ou en confiture.
Le saviez-vous ? 💡
Le sapotillier est l’arbre qui a donné naissance au chewing-gum. Son écorce produit un latex blanc appelé chiclé, que les Mayas mâchaient déjà il y a plus de 5 000 ans. En 1869, le général mexicain Santa Anna a ramené 250 kg de chiclé à New York. Thomas Adams, qui devait en faire du caoutchouc, a échoué et a eu l’idée de le sucrer et de l’aromatiser : le premier chewing-gum moderne était né, en 1872. Aujourd’hui, la plupart des gommes utilisent des caoutchoucs synthétiques, mais il existe encore des chewing-gums artisanaux au chiclé naturel, produits au Yucatan.
Côté nutrition, la sapotille apporte environ 80 à 85 kcal pour 100 g, avec une bonne teneur en fibres, vitamine C, vitamine A, potassium et antioxydants (caroténoïdes, polyphénols).
Santol (faux mangoustan)

Le santol est un fruit sphérique de 5 à 10 cm, à la peau velue jaune à orangée, originaire d’Asie du Sud-Est. Il est surnommé « faux mangoustan » ou « fruit de coton » en raison de sa pulpe blanche, cotonneuse et filandreuse qui entoure 4 à 5 gros noyaux ligneux. Son goût est sucré-acidulé, parfois légèrement résineux, avec une texture assez sèche et fibreuse.
En Thaïlande, aux Philippines et au Cambodge, le santol est un fruit de rue populaire. On le mange souvent avec un mélange de sel, de piment et de sucre pour équilibrer son acidité. Il entre aussi dans la composition de currys, de soupes et de confitures. La pulpe se suce directement autour des noyaux, un peu comme on mangerait un mangoustan.
Côté nutrition, le santol apporte environ 50 à 70 kcal pour 100 g, avec de la vitamine C, des fibres, du potassium et des polyphénols.
Sudachi

Le sudachi est un petit agrume japonais de 3 à 5 cm, à la peau verte et fine, originaire de la préfecture de Tokushima (sur l’île de Shikoku). Il ressemble à une petite lime, mais son goût est différent : très acidulé et citronné, plus frais et moins amer que le citron classique, avec une fraîcheur presque mentholée.
Au Japon, le sudachi est un condiment incontournable. On presse quelques gouttes de son jus sur les sashimis, les sushis, le poisson grillé, les nouilles soba ou les champignons matsutake. Il sert aussi à préparer des sauces ponzu et des marinades légères. Contrairement au yuzu (son cousin plus connu), le sudachi reste très confidentiel en dehors du Japon.
Côté nutrition, le sudachi est très peu calorique (environ 25 à 30 kcal pour 100 g), riche en vitamine C, vitamine A, antioxydants et potassium. En France, on le trouve principalement sous forme de jus ou de zeste dans les épiceries japonaises et certains restaurants.
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